Exposition professionnelle [38]
Une étude réalisée en 2000 par le NTP pour le NIOSH sur l'évaluation de l'exposition des travailleurs lors de l'application de matériaux d'isolation à base de cellulose [38] a notamment porté sur :
- la caractérisation des matériaux d'isolation cellulosique ;
- l'évaluation de l'exposition aux poussières totales des travailleurs de 10 entreprises aux États-Unis qui appliquent des matériaux en vrac contenant de la fibre de cellulose dans les bâtiments résidentiels et commerciaux.
Cent soixante-quinze prélèvements individuels ont été effectués au cours de cette étude en vue d'évaluer l'exposition des travailleurs aux poussières totales d'isolants cellulosiques.
L'analyse de fibres émises dans l'atmosphère lors de la mise en place de ces matériaux, réalisée en microscopie électronique, a montré qu'elles ont une longueur comprise entre 5 et 150 µm.
Cette étude s'est intéressée à différentes situations impliquant les applicateurs d'isolant cellulosique et les conducteurs de trémie (chargement, réglage) :
- application par soufflage dans un milieu confiné (grenier) ;
- application par insufflation et projection dans les parois murales et plafonds ;
- application d'isolant cellulosique sec ;
- application d'isolant cellulosique à l'humide (brumisation d'eau lors de l'application/procédé de mouillage dans la trémie) ;
Les prélèvements individuels effectués ont permis d'obtenir, après transformation logarithmique des données, les valeurs d'exposition aux poussières totales rassemblées dans le tableau 2 (les prélèvements ont fait l'objet d'une analyse par méthode gravimétrique).
L'étude a permis de vérifier que la brumisation dans les milieux confinés (greniers) permet de réduire le niveau d'exposition aux poussières totales.
Le procédé humide utilisé pour l'application dans les parois murales/plafonds entraîne des niveaux d'exposition supérieurs à l'utilisation du procédé à sec [tableau 2]. Ceci est dû aux difficultés rencontrées pour effectuer le réglage du procédé de mouillage (dosage eau/cellulose) dans la trémie, et à l'intensité de la force appliquée permettant le débit nécessaire à la projection du produit pâteux/humide. Lors de l'opération, la proximité directe de l'opérateur au niveau de la zone d'application génère des projections par rebondissement sur la surface du support reçues par celui-ci, et, lors des applications par soufflage entre les parois, des fuites de matériau se produisent dans les failles ou interstices préexistantes dans les murs (percements) lors du soufflage.
| Groupe | Méthode | Nombre d'échantillons analysés | Moyenne géométrique | Déviation standard géométrique | Minimum des concentrations mesurées en mg/m3 | Maximum des concentrations mesurées en mg/m3 |
| Grenier confiné, applicateur | Isolant sec | 22 | 74,8 | 2,33 | 16,2 | 431 |
| À l'humide | 29 | 18,7 | 2,85 | 1,27 | 97,3 | |
| Grenier confiné, conducteur de trémie | Isolant sec | 13 | 25,8 | 3,09 | 2,17 | 140 |
| À l'humide | 24 | 17,8 | 2,56 | 0,82 | 58,3 | |
| Mur/plafond, applicateur | Isolant sec | 9 | 20,2 | 2,66 | 3,86 | 78,7 |
| À l'humide | 27 | 26,2 | 1,80 | 4,34 | 80,6 | |
| Mur/plafond, conducteur de trémie | Isolant sec | 7 | 9,99 | 2,98 | 1,22 | 44,6 |
| À l'humide | 30 | 22,2 | 2,03 | 2,08 | 61,3 |
Tableau 2 : Comparaison des concentrations de poussières totales observées par type d'application des isolants cellulosiques (procédé sec/procédé humide).